崴峲小僧の廆

Shanghai Hua

publié par le déc 14, 2003 dans Sinologie | 0 comments

Shanghaihua 上海话 (沪语)

Sommaire

  1. Avertissement liminaire
  2. Prononciation — un survol
  3. Premiers mots
    1. les chiffres & nombres
    2. les pronoms personnels

Bien que la Chine possède officiellement une seule langue parlée[1]Le dialecte de Shanghai, une brève introduction

, issue du mandarin, dite pǔtōnghuà ou «langue normale», elle n’en est pas moins riche de nombreux dialectes, encore très vivaces. Le shanghaien en est un, faisant partie d’une plus vaste famille, celle des dialectes dits .
Parlé par près de 80 millions de personnes en Chine continentale, le est donc l’un des dialectes les plus parlés au monde[2]

En pratique, avec l’ouverture de Shanghai qui attire toujours plus de monde, l’usage du mandarin est préféré (a fortiori avec les étrangers!), même si sur les ondes (radio et télévision) on peut trouver sans peine des programmes (principalement feuilletons) en shànghǎihuà (ou hùyǔ, langue de , la région de Shanghai).

Avertissement liminaire

Bien entendu, cette petite page n’a pas la prétention de vous permettre de parler couramment shanghaien, encore moins de se substituer à un véritable cours.
Disons qu’au moins elle vous permettra de décrypter plus facilement les mots et expressions courantes et ainsi, peut-être, d’être moins frustré de ne pouvoir comprendre des bribes de conversations.
Pour rendre la mémorisation plus simple à celui ou celle qui pratiquerait déjà le mandarin, c’est le mandarin qui est pris comme référent —il serait du reste bien curieux de vouloir commencer son apprentissage du chinois par le shanghaien.

Bien que le shanghaien soit une langue vivante, comme beaucoup de dialectes, elle ne possède pas de littérature à proprement parler (sinon en se basant sur des approximations phonétiques, où la prononciation est mimée à l’aide de caractères peu usités, quand ils ne sont pas dédiés à cet usage seul[3]).
C’est cette phonétique qui sera utilisée par la suite, pour rendre plus facile la lecture au lecteur déjà familiarisé avec le mandarin, qui pourra ainsi s’amuser de cette subversion de la langue écrite qui donne des résultats si différents à l’oral, et pourtant si proches…

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Tous les caractères ne sont pas traduits (ou leur prononciation «orthodoxe» n’est pas fournie), mais vous pouvez utiliser un dictionnaire.

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Prononciation — un survol

De façon générale, on pourra noter que le shanghaien est plus nasalisé que le mandarin, et comparativement au mandarin se rapproche plus du français dans ses sonorités.

Les voyelles

La seule véritable nouveauté (pour le francophone) est le son noté par la suite [jø] (normalement noté [ɤ]). La manière de le prononcer est assez particulière, et la description la plus imagée (âmes sensibles s’abstenir) est de dire que le son est “vomi”, comme s’il remontait de l’abdomen sous l’effet d’un spasme…

[a]
le “a” de rat [ra]
[e]
le “é” de bébé [bebe]
[ɔ]
le “o” de coq [kɔk]
[ø]
le “œu” d’œufs [ø]
[jø]
comme dans yeux [jø]
[o]
le “o” de faux [fo]
[aŋ]
comme dans gang [gaŋ]
[əŋ]
comme dans tungstène [təŋstεn] (*)
[oŋ] comme dans ping-pong [piŋpoŋ]

(*) [ə] est le “e” muet de “le” devant une consonne: le char [ləʃar]. (NB: le son [ʃ] de “cheval” [ʃøval] n’existe pas en shanghaien).

À ces voyelles simples s’ajoutent

  • des diphtongues, combinaisons des précédentes avec le [i] (le “i” de souris [suri]), avec le [u] (le “ou” de fou [fu]) etc.
  • la voyelle [y] (le “u” de rubis [rybi]), qui elle aussi peut se trouver nasalisée ([yŋ]).
  • Pour le son qui se prononce à peu de chose près [ø] (en plus court et plus fermé) et qu’on retrouve par exemple dans ( [sɿ]), j’emploierai [ɿ].

Les consonnes

Un ajout notable par rapport au mandarin est celui du [v] (le “v” de valise [valiz])
Les lettres “mouillées” le seront avec la demi-consonne [j] (agneau [anjo], hiatus [jatys])
Le son de “royal” [rwajal] ou de “wapiti” [wapiti] sera représenté par [w].
Pour le son [ɲ], j’emploierai plutôt [nj] par souci de simplifier un peu.
[ɕ] sera utilisé pour le son [s] chuinté de 西 [ɕi] ou de [ʨi]. La distinction étant utile pour [suan] suàn et [ɕyan] xuǎn .
Pour les consonnes aspirées[4], nous les noterons avec une apostrophe: ainsi [k’] [p’] [t’] [ts’]
Les autres conventions ne devraient pas poser de problème significatif pour le locuteur français —d’autant que comme précédemment, j’éviterai de complexifier en introduisant de nouvelles phonétiques quand le son se rapproche d’un phonème plus simple. (ex: j’utiliserai [r] pour le h du pinyin, noté [r’] quand l’aspiration est plus fortement prononcée).

Les tons

Je termine par eux, car leur maîtrise est (à mon avis) au-delà du but de cette simple page.
À ceux du mandarin, il faut en théorie ajouter deux tons spéciaux, ce qui nous fait un total de 6 tons.
L’un des tons supplémentaires est “rentrant”, et correspond à un quatrième ton très court (comme si on avait littéralement le souffle coupé). Il sera noté à l’aide de [ʔ] par la suite. Quant au second, c’est l’inverse du troisième ton…

Il est temps de couper court à ce fastidieux (et incomplet) catalogue pour passer à un peu de pratique. Commençons par ce qui est peut-être le plus utile à comprendre (même si les mains aident): les chiffres.

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Premiers mots

les chiffres & nombres

(1) [ieʔ] (2) [nji] (3) [se] (4) [sɿ] (5) [ŋ]
(6) [loʔ] (7) [tsiʔ] (8) [peʔ] (9) [ʨjø] (10) [zjeʔ]
(0) [lin] (100) [baʔ] (1 000) [ʨi] (10 000) [ve] (1 million) 亿 [i]

On notera par ailleurs:

  • l’emploi systématique du chiffre “vingt” (et non, “deux-dix”): 廿 [nie] pour 二十.
  • Au [njiʔ] “deux” , on préfèrera souvent selon le contexte employer [liaŋ] … Comme si les Shanghaiens rechignaient à employer le er rétroflexe mandarin même camouflé!

Maintenant, sachant que la semaine 星期 se dit 礼拜 [lipa] (lǐbài en mandarin), vous êtes à même de reconnaître les jours de la semaine. Lundi 礼拜一 [lipajeʔ] etc. et … attention au piège pour dimanche 礼拜日 [lipanjiʔ] (ou 礼拜天 [lipati]) qu’il ne faut pas confondre avec mardi 礼拜二 [lipanji] (ou 礼拜两 [lipaliaŋ]).

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Les pronoms personnels

Je Tu Il (elle) Nous Vous Ils
他,她,它 我们/咱们 你们 他们
[ŋwu] [noŋ] [ji] 阿拉 [ala] [na] [*] 伊拉 [jila]

(*) il s’agit d’un seul caractère = 亻 那, qui peut ne pas s’afficher suivant votre police — voir références.

Vous voilà donc munis du minimum nécessaire pour pouvoir dire «bonjour» en shanghaien: 侬好! [noŋrɔ] (ou bien 侬早! [noŋtsɔ] le matin).
Quant à «au revoir», c’est 再会 [tsewe] et «merci» 谢谢 [dzja(dz)ja].

Le reste de cette introduction va se découper en petites leçons qu’il ne tiendra qu’à vous de pratiquer ensuite!

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[1] — La distinction vaut d’être faite, car la langue écrite, quant à elle, est unifiée (à la simplification des caractères près, qui n’a pas court dans une partie de la diaspora).
[2] — Loin par exemple devant le cantonais (Famille dite Yuè ) avec “seulement” moins d’une soixantaine de millions de locuteurs (mais mieux répartis dans le monde).
[3] — Une des difficultés de cette forme de transcription est qu’il faut prendre soin de trouver des caractères proches du sens, sans toutefois qu’ils ne se trouvent aussi dans le shanghaien, mais prononcés différemment.
Ainsi pour remplacer on utilise en général qui se prononce [kəʔ], mais pas dans 好格! qu’on prononce [rɔh’e] (très expiré). Même exemple avec qui se prononce en shanghaien [h’e] dans 合理 hélǐ, mais [kəʔ] dans 合算 hésuàn —c’est la deuxième prononciation la plus courante, l’autre est plus “littéraire”.
[4] — Le locuteur familier du mandarin notera qu’il y a quelques nouveautés: le shanghaien possède un [b], [p], et un [p’] de même qu’un [g], [k] et un [k’].

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