J’ai toujours aimé les gâteaux «ratés». On dira que je ne suis pas difficile. Je préfère dire que la plupart du temps il n’y a rien de fondamentalement mauvais dans un gâteau raté, si ce n’est son aspect peu présentable voire rebutant. D’un sens, tous les ingrédients sont présents, c’est juste qu’il a manqué de ce petit quelque chose qui en fait un plaisir autant pour les papilles que pour les yeux.
Bien sûr, au-delà de la métaphore facile, c’est que j’aime voir les choses pour le potentiel de transformation qu’elles représentent.
C’est particulièrement vrai pour les gribouillis, croquis, dessins que j’ai pu faire, qui ne sont jamais achevés, en vérité. Comme les rêves, ils continuent leur propre évolution quand on les quitte.
Cet état de potentiel entrevu par l’artiste, c’est son fil directeur, la vision qui le porte et anime l‘œuvre. Mais il n’est pas toujours donné, et ce petit exemple montre qu’il existe si on le cherche sans a priori.
L’histoire suivante commence un mardi soir gris de mars 2005, pour trouver un état de complétude… de façon facétieuse, neuf mois plus tard.
À Magali qui s‘étonnait de ce drôle d’engin, je montre comment fonctionne ma tablette graphique, et lui trace quelques traits sur un canevas vierge.
Comme elle s‘étonne de ce que j’enregistre le gribouillage que je viens de commettre, je ris en lui disant que je pourrais bien le développer plus tard (il est devenu depuis ce cacatoès ci-contre).
Ensuite, je la mets devant un canevas vide et l’aide à tracer quelques traits, puis la laisse s’amuser. Un peu frustrée par sa maladresse à manipuler la tablette (souvenez-vous de vos premiers pas avec cet engin étrange qu’est une souris) elle s’apprête à fermer le tout, mais je sauve le gribouillis, car après tout, ce serait un défi amusant que d’arriver à en faire quelque chose de cohérent.
Neuf mois après m’avoir fait défaut, l’inspiration revient, pour compléter ce dessin, sans en perdre les lignes directrices pour maladroites qu’elles soient.
Ci-dessous, l’image de départ à gauche, et l’image finale à droite.
Le voici également en petite animation pour se donner une idée des étapes de réalisation.
Et ce qui est fascinant, c’est de se dire qu’une autre personne aurait pu en faire une œuvre aussi cohérente, mais différente.
N’est-ce pas une belle image de ce qu’on fait de nos vies ?





Ceci est mon journal (blog) et portfolio où je parle de thèmes variant de la technologie aux arts (graphiques ou culinaires), de metaphysique ou culture chinoise. 









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