Week-end aux Huang Shan (黄山)
Les estampes chinoises sont pleines de ces paysages de montagnes éthérés et fantasmatiques qu’on dirait sortis d’un songe. Pourtant ces paysages de cartes postales existent. Dans la province chinoise d’Anhui (安徽), on trouve de ces montagnes magiques qu’on appelle Montagnes Jaunes ou Huang Shan.
Pendant longtemps difficilement accessibles, la construction de routes goudronnées et d’un aéroport a rendu leur approche beaucoup plus aisée, au point qu’elles sont devenues un haut lieu du tourisme chinois.
Heureusement site classé au patrimoine de l’Unesco, elles sont plutôt bien préservées des ravages du tourisme —essentiellement grâce à leur redécouverte tardive.
Vendredi 2 juillet 2004 — 19h
Rendez-vous est donné près de la Place du Peuple de Shanghai (上海人民广场) à la tombée de la nuit en face des stands à brochettes de poulpe. Les rues s’illuminent alors que le soleil se couche peu à peu et bourdonnent du bruit des gens en week-end.
Après un rapide dîner au Megabite sur l’un des grands centres commerciaux de la rue du Tibet, et un dessert au Häagen-Dazs, nous avons juste le temps de courir attraper le métro vers la gare, et nous partons vers 22 heures en train de nuit pour les Huang Shan.
Plus de couchettes n’étaient disponibles en réservant les billets, ce sera donc assis dur pour plus de 10 heures de trajet…
« ci-contre (à gauche)
Le bâtiment à l’architecture originale est le musée de l’urbanisme, sur la Nanjing Lu (rue de Nankin).
Samedi 3 juillet 2004 — 4h30
Le trajet devient un peu plus supportable, nous avons passé Nankin 南京, la «capitale du Sud» et alors que l’aurore commence à poindre, les paysages de la province d’Anhui 安徽 se dévoilent à nos yeux embrumés de sommeil.
Les constructions urbaines laissent peu à peu place aux rizières et à la verdure, et les voyageurs commencent à vider les travées des wagons pleins à craquer de gens sans réservations.
Après plus de 10 heures de trajet en train, nous arrivons enfin à la gare de Huangshan City (Tunxi 屯溪).
Samedi 3 juillet 2004 — 10h00
Gavés de baozis, nous sommes ballottés dans un des minibus qui avale les kilomètres de route sinuant entre les plateaux et les rizières en direction des Huangshan. Malgré le temps qui se couvre peu à peu (la pluie est annoncée au sommet) nous apprécions les paysages verdoyants.
| Cha toujours souriante (et reposée, veinarde), … | …et la Bûche, un poil fatigué. | Le long de la rivière qui coule dans la vallée |
Samedi 3 juillet 2004 — 12h15
Après avoir changé pour une camionnette grinçante, nous sommes enfin arrivés au pied des marches de l’Est, pour une montée de 3h de marches (7,5 km) qui nous fera parvenir au sommet le plus rapidement.
La pluie qui nous accompagnera jusqu’en fin d’après-midi, nous laissant parfois apercevoir à la faveur d’une éclaircie un paysage de montagne qui révèle des formes fantasmatiques et torturées voilées de brume.
Ce sont les trois composantes suivantes qui font des Huang Shan un lieu unique dont les formes parlent à l’imagination
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À l’origine, les Montagnes Jaunes s’appelaient par leur ancien nom Yi 黟. C’est l’Empereur Jaune 黄帝, ancêtre de la nation chinoise, qui leur donna leur nom actuel, après qu’il eut passé des années à y cueillir des plantes médicinales pour la confection de son elixir de longue vie, et s’en fut envolé sur un dragon pour le Palais du Ciel (~750 av. J.-C.).
L’Empereur Jaune est l’objet d’innombrables légendes et du deuxième chapitre du Liezi 列子 un des ouvrages fondateurs du taoïsme.
| Cha passe auprès d’une chaise à porteurs utilisée pour porter hommes et bagages moyennant une dîme dont le montant est fixé en fonction de la distance. | Un des porteurs qui sans arrêt gravissent et descendent les marches chargés de tout et n’importe quoi (outillage, victuailles, etc.) | Une bestiole sur les marches, un des rares autochtones avec les porteurs que nous croiserons dans notre ascension |
| Des marches (ou crève), | avec un peu de plat de temps à autres | et la végétation qui se régale de tant d’humidité |
| Cascade… | … ruissellements |
… et jeux de lumière sur un des nombreux bassins ménagés dans la pierre pour recueillir les eaux claires des sommets. |
| Un peu de lumière entre les nuages de brume après une accalmie. Un poteau du téléphérique au fond |
De la végétation, rochers et pins; silhouettes fantomatiques au détour d’un escalier… |
Test de Rorschach grandeur nature |
Samedi 3 juillet 2004 — 15h00
| Arrivée à la station d’un des téléphériques, où les touristes chinois se pressent en groupes pour redescendre et fuir la pluie.
« ci-contre (à gauche) Parvenus au terme de notre ascension, nous trouvons non sans quelque difficulté où nous loger pour la nuit dans une cabane à quatre lits. Les opéras pékinois du voisin nous accompagneront une partie de la nuit… ci-contre (à droite) » une toile d’araignée parsemée de gouttes d’eau devant une des cabanes-dortoirs au confort spartiate |
Samedi 3 juillet 2004 — 18h00
| Une promenade digestive nous permet enfin d’apercevoir les montagnes à la faveur des vents puissants qui chassent la brume par nappes cotonneuses.
Elles laissent bientôt apparaître les montagnes et les pins caractéristiques aux formes tourmentées. L’on voit ainsi le ciel enfin se dégager, tout cela en l’espace de quelques minutes. Le spectacle est magique. ci-contre (en bas à droite et ci-dessous au milieu) » |
Dimanche 4 juillet 2004 — 4h30
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Le lendemain matin, les rives des mers sont prises d’assaut par les touristes comme nous restés dormir au sommet pour apprécier le lever de soleil 日出 qui est l’un des spectacles de choix. Par chance, le temps s’annonce parfait et le spectacle grandiose. |
| Le soleil arrive enfin, accueilli à grands cris par le foule et colore instantanément le ciel d’une bande rose |
| Le singe regardant la mer, l’une des figures les plus facilement reconnaissables et des plus connues des montagnes 猴子望太平.
Il y est attaché une légende d’un esprit singe tombé amoureux d’une jeune fille qui se serait déguisé en jeune homme pour pouvoir la séduire. Une nuit d’ivresse où il aurait révélé par mégarde sa véritable nature, la jeune fille outrée se serait enfuie. Il est dit qu’il l’attend depuis lors. |
| Les îles formées par les crêtes, et la mer de brume |
| « ci-contre (à gauche) Notre point de vue d’hier soir, plein de monde dont un photographe professionnel avec une débauche de matériel high-tech. En à peine une demi-heure, la clarté du jour commence à se réverbérer partout sur la brume environnante… ci-contre (à droite) » La Bûche et son poncho alors que les Chinois s’en vont aussi vite leur photo avec dulcinée ou tantine devant le soleil prise. |
Les jambes un peu fatiguées, nous reprenons la marche en suivant les marches de l’Ouest (17 km), passant sur quelques pics, allant jusqu’à 1872 m d’altitude (deuxième plus haut pic des Montagnes).
| Des vallées et des pics… |
… à perte de vue |
| Vue d’une des crêtes autour du rocher de l’envol 飞来石 |
Difficile d’imaginer telle variété de marches, de celles à flanc de montagne, le long des cols ou entre deux crêtes, à celles traversant de petites cavités creusées dans la montagnes…
| Des marches qui tombent à pic… |
Dimanche 4 juillet 2004 — 14h30
| Bambous au pied de la montagne | Dans la camionnette du retour, forêts de bambous |
| La campagne, instantané pris au hasard d’un virage de notre bolide plein à craquer. | Une des routes goudronnées sillonnant les plateaux, qui mènent aux Montagnes | Petite fille regardant le paysage |
Dimanche 4 juillet 2004 — 18h00
| Tunxi, et sa vieille rue 老街, nous dînerons dans un très bon restaurant à droite à l’entrée de la rue | La nuit tombe, dernière photo avant de patienter pour reprendre le train du retour (10 nouvelles heures assis…) |



Ceci est mon journal (blog) et portfolio où je parle de thèmes variant de la technologie aux arts (graphiques ou culinaires), de metaphysique ou culture chinoise. 









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